L’homéopathie : un DÉFI à l’intelligence humaine

L'homéopathie? Tout le monde en parle de bien des façons depuis les récents « aboiements » du Pharmachien! Ses propos nous permettent de « renvoyer la balle » avec grand plaisir...

Lors de son récent passage à l’émission Tout le monde en parle, Olivier Bernard dit le Pharmachien, a affirmé que l’homéopathie est une insulte à l’intelligence humaine et que les critiques sont unanimes à l’effet que ça n’a aucun sens.

 

Effectivement, si on tente d’utiliser les principes de la biologie ou de la chimie pour expliquer comment l’homéopathie fonctionne, on rencontre un mur. Est-ce à dire qu’il faut nier les effets observés depuis 200 ans? Cette attitude ne serait pas scientifique. Ou se satisfaire du raccourci «placebo» comme explication? Plus trop satisfaisant maintenant…

« Des cellules en culture qui réagissent à des préparations homéopathiques d’Arnica. Pas d’effet placebo possible ici! »

Plusieurs recherches positives en homéopathie s’accumulent dans un domaine où l’effet placebo ne peut intervenir parce que ces recherches sont faites in vitro. Sur le lot, prenons simplement la plus récente, une étude publiée en novembre par le département de médecine de l’Université de Vérone en Italie. On a observé après administration de préparations homéopathiques d’Arnica à des macrophages, une activation significative des gènes responsables de la réparation cellulaire après blessure. Pas d’effet placebo possible ici. (Marzotto, 2016)

 

Il y a des recherches incontournables que tout scientifique ou communicateur-trice scientifique qui se respecte ne peut ignorer ou taire maintenant. À titre d’exemple,  mentionnons les travaux du Dr. Luc Montagnier, prix Nobel, qui a pu mesurer les émissions électromagnétiques d’ADN qui demeurent dans l’eau même lorsqu’il ne reste plus d’ADN à causes des nombreuses dilutions.  (Montagnier, 2009 – documentaire vidéo) Ou encore,  les découvertes sur les nanoparticules des souches médicamenteuses, retrouvées même dans les hautes dilutions, qui démontrent maintenant qu’il y a là bien plus que du sucre et de l’eau. (Chikramane, 2010) Prétendre le contraire, dans l’état actuel de la recherche, relèverait de l’aveuglement volontaire.

«On a évalué les coûts chez les médecins pratiquant l’homéopathie en Suisse. Ils sont de 15% moindre. Et il y a six fois moins d’hospitalisations chez les femmes traitées en homéopathie en Allemagne.»

Comme la plupart, le pharmachien s’appuie sur le rapport australien, paru en 2015, que les médias ont relayé abondamment, contrairement au rapport Suisse, paru en 2011 (que nous avons comparé). Grâce aux conclusions positives du rapport Suisse, le gouvernement a annoncé l’intégration officielle de l’homéopathie à leur système de santé en mars dernier. En plus des données scientifiques sur l’efficacité des traitements, des données économiques ressortent également. Par exemple, on a évalué les coûts chez les médecins pratiquant l’homéopathie. Ils sont de 15% moindre. Autre exemple : la fréquence des hospitalisations chez les femmes. Selon un rapport gouvernemental allemand, celles traitées en homéopathie le sont six fois moins souvent.

«Pour conclure que l’homéopathie est inefficace, il faut mettre de côté plus de 90% des études.» – Robert G. Hahn, chercheur suédois (sans intérêt particulier pour l’homéopathie)

En 2013, le Dr. Robert G. Hahn, chercheur suédois reconnu pour ses travaux en anesthésie et soins intensifs, est tombé sur un débat télévisé où l’on faisait défiler des adolescents pour affirmer que l’homéopathie, c’est de l’arnaque. Devant ce «spectacle» loin de toute science, le professeur Hahn a décidé d’entreprendre une analyse de l’ensemble des recherches publiées. Au terme de cette méta-analyse (Hahn, 2013), il a déclaré : «pour conclure que l’homéopathie est inefficace, il faut mettre de côté plus de 90% des études». Hahn a précisé qu’il n’a aucun intérêt particulier pour l’homéopathie et que son seul intérêt, suite à son analyse, c’est de faire savoir qu’il y a nombre de scientifiques biaisés et non-objectifs qui utilisent leur titre pour légitimer leurs croyances personnelles.

«Comme on «croyait» que les remèdes homéopathiques étaient du placebo, c’est ce qu’on donnait pour faire les tests!»

Une «certaine» partie de la communauté scientifique persiste et signe : les données empiriques, les résultats ne sont pas là. Peu importe le nombre d’études et d’expériences terrain qui s’accumulent, cette certitude qui n’est plus fondée demeure pour une seule raison: le mécanisme d’action n’a pas encore été compris. Les racines de ces «croyances» sont solides et elles ne datent pas d’hier! Déjà, dans les années 1830, lors d’essais cliniques où l’on comparait médicaments conventionnels et homéopathie, comme on «croyait» que les remèdes homéopathiques étaient du placebo, c’est ce qu’on donnait pour faire les tests! On remplaçait les granules par des boulettes de mie de pain ou d’amidon.

«En deux semaines seulement, le nombre de cas de leptospirose est passé de 37 à 4 pour 100 000 habitants. Dans la population non traitée, le taux d’infection a monté et a rejoint les données historiques.»

L’homéopathie est pratiquée à travers le monde depuis plus de 200 ans. Elle est maintenant la deuxième médecine non conventionnelle la plus utilisée, selon l’OMS, et est enseignée dans les universités de l’Australie, la France, la Norvège, le Brésil, l’Argentine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique et le Portugal. Elle a traité 2,3 millions de personnes à Cuba, en 2007, en l’absence d’un vaccin disponible pour combattre une épidémie de leptospirose. En deux semaines seulement, le nombre de cas est passé de 37 à 4 pour 100 000 habitants. Dans la population non traitée, le taux d’infection a monté et a rejoint les données historiques. (Bracho, 2010)

 

Plus près, en Ontario, elle est une profession règlementée par un Ordre, depuis le 1er avril 2015.

« L’homéopathie ne se réduit pas aux produits disponibles en pharmacie tout comme la médecine conventionnelle ne se réduit pas aux médicaments sans ordonnance. »

En terminant, en ce qui a trait au produit Volu-Sein auquel le pharmachien réfère, tout comme lui, nous éprouvons un malaise lorsque le corps devient objet de marchandisation. Tout comme l’industrie pharmaceutique conventionnelle, l’industrie pharmaceutique homéopathique n’est pas à l’abri de cette exploitation et il est du devoir de tout professionnel de la santé d’informer adéquatement la population quant à la gamme des produits et traitements offerts. Et rappelons aussi que l’homéopathie ne se réduit pas aux produits disponibles en pharmacie tout comme la médecine conventionnelle ne se réduit pas non plus aux médicaments sans ordonnance pour soigner les bobos quotidiens.

 

L’homéopathie n’est pas une insulte mais, au contraire, un défi à l’intelligence humaine qui n’en a pas encore percé tous les mystères. Ainsi en a-t-il été de l’aspirine, mise en marché en 1899, dont les mécanismes ont commencé à être compris qu’en 1971…

 

Références

Borhöft, G. et P. Matthiessen (eds) (2011). Homeopathy in healthcare – effectiveness, appropriateness, safety, costs. Berlin, Springer-Verlag, 234 p.

 

Bracho, G. et al. (2010). « Large-scale application of highly-diluted bacteria for Leptospirosis epidemic control », Homeopathy, 99 : 155-166

 

Chikramane PS et al (2010). «Extreme homeopathic dilutions retain starting materials: A nanoparticulate perspective ». Homeopathy, 4 : October 2010; 99 231-42. doi: 10.1016 / j.homp.2010.05.006.

 

Hahn, Robert G. (2013). « Homeopathy: Meta-Analyses from Pooled Clinical Data ». Forsch Komplementmed 2013;20:376–381 (DOI:10.1159/000355916)

 

Marzotto M, Bonafini C, Olioso D, Baruzzi A, Bettinetti L, Di Leva F, et al. (2016) « Arnica montana Stimulates Extracellular Matrix Gene Expression in a Macrophage Cell Line Differentiated to Wound-Healing Phenotype. » PLoS ONE 11(11): e0166340. doi:10.1371/journal.pone.0166340

 

Montagnier, L. et al. (2009). « Electromagnetic signals are produced by aqueous nanostructures derived from bacterial DNA sequence », Interdiscip Sci Comput Life Sci, 1 : 81-90

 

National Health and Medical Research Council (2015). NHMRC Information Paper: Evidence on the effectiveness of homeopathy for treating health conditions. Canberra: National Health and Medical Research Council;

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