Les malades qui choisissent l’homéopathie se mettraient à risque en attendant d’aller chercher un «vrai» traitement?

FAUX. Cet argument a des racines historiques très profondes et continue d’être brandi avec efficacité lorsqu’il s’agit de décourager la population d’avoir recours à l’homéopathie, en utilisant la peur comme arme.

C’est au milieu du XIX siècle que cet argument apparaît. Il était courant, à cette époque, que les médecins incitent les patients-es aux traitements médicaux sérieux, comme la saignée, et les découragent des traitements homéopathiques réputés comme risqués. [1]

 

Une étude importante, appelé EPI 3, s’est penchée sur cette notion de risque et a généré plusieurs données intéressantes qui ont fait l’objet de nombreuses publications depuis 2010. Cette recherche a été réalisée en France entre 2006 et 2010 et a permis de comparer la pratique homéopathique et conventionnelle de 825 médecins auprès de 8559 patients-es.[2] Quatre critères étaient évalués :

 

  • L’efficacité du traitement,

 

  • la consommation de médicaments,

 

  • les effets secondaires,

 

  • enfin, le risque qu’en étant pris en charge par une approche plutôt que l’autre, l’on voit la condition du patient s’aggraver ou évoluer vers la chronicité.

 

 

Sur les trois problèmes de santé étudiés (douleurs musculo-squelettiques, troubles anxieux et dépressifs, infections des voies respiratoires), les résultats sont probants :

 

  • Les bénéfices pour les malades suivis en homéopathie sont tout à fait comparables aux bénéfices de ceux suivis en médecine conventionnelle.

 

  • On note une diminution significative du besoin en médicaments conventionnels pour les personnes traitées en homéopathie : 48 % moins d’anti-inflammatoires pour les gens atteints de problèmes musculo-squelettiques, 60% de moins pour ceux aux prises avec des douleurs chroniques, et réduction de moitié de la prise d’antibiotiques pour les infections des voies respiratoires.

 

  • Pour ce qui est du fameux argument du risque, il n’y a strictement aucune différence. Donc, un malade ne voit pas davantage son état de santé s’aggraver si il est pris en charge par l’homéopathie plutôt que par la médecine conventionnelle. L’inverse est également vrai.

 

 

[1] Coulter, 1975; Fournier, 2008, 2014; Taillefer, 2009.

[2] Massol P. (2013) « Homéopathie : une étude prouve son efficience ». Panorama du médecin, no. 5299, avril 2013

 

 

 

Bibliographie

 

 

Coulter HL. (1975). Divided legacy. The conflict between homoeopathy and the American Medical Association, Berkeley, North Atlantic Books, 552 p.

 

Fournier, D. (2008). « Friedrich Hahnemann. Contributions à sa biographie, dont une autobiographie inédite », dans Cahiers du Groupement Hahnemannien du Docteur P. Schmidt, 22 p.

 

Fournier, D. (2014). Le corpus hahnemannien de langue française. Étude bibliographique de l’oeuvre publique du fondateur de la médecine homéopathique, Christian Friedrich Samuel Hahnemann, Montréal, 527 p.

 

Massol P. (2013) « Homéopathie : une étude prouve son efficience ». Panorama du médecin, no. 5299, avril 2013

 

Taillefer, A. (2009). Impact médical et social de la consultation en médecine homéopathique chez les mères: une question de paradigme, Mémoire de maîtrise en sociologie, Montréal, Université du Québec à Montréal, 331 p.

 

 

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